Cher Andrew,
Il y a presque une semaine que je ne t'ai écrit. En vérité, je n'ai rien de plus à te dire.
Jason est de plus en plus cruel et méchant avec moi. Il sous-entend constamment des horreurs sur moi. Il est cinglé. C'est un fou, Andrew. Sincèrement, je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi fondamentalement mauvais.
J'ai parlé à mon gérant, aujourd'hui. Quand je lui ai dit à quel point Jason est manipulateur, il a éclaté de rire. "Ben oui ! Tu l'entends-tu parler aux clients ?", qu'il m'a répondu.
Je dois être complètement stupide de n'avoir vu clair dans son jeu plus tôt. Il flatte tout le monde, les clients, les collègues, il complimente sans cesse... Son jeu est tellement gros que tout le monde le voit venir ! Tout le monde sauf moi... Sauf toi, hein ? J'imagine qu'il t'a bien berné aussi, au début.
Depuis ce fameux soir-là, je n'arrête pas de me dire que tu es comme moi. On se ressemble sur tant de points. Si ça n'avait été toi, Jason aurait peut-être fait de moi sa victime...
Si j'avais connu Jason au moment où il était célibataire, peut-être me serais-je fait avoir. Peut-être que c'est moi qui aurais été sur le sol, étranglé par son bras puis par son pied, c'est peut-être moi qu'il aurait regardé avec fureur. C'est peut-être sur mon visage qu'il aurait craché...
Au fond, je dois t'être reconnaissant. Peut-être m'as-tu évité le pire...
jeudi 19 novembre 2009
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