mardi 10 novembre 2009

Working with the Enemy

Cher Andrew,

Il n'est que 15 heures et pourtant, je suis déjà à la maison. J'ai envie de vomir mais rien ne sort, je suis incapable de manger tant j'ai l'estomac noué. Je suis incapable de travailler correctement. Aujourd'hui, j'ai cumulé les erreurs et ma nervosité transparaît dans chacun de mes gestes. Mais le pire, c'est lui...

Jason est mon collègue de travail et j'adorais l'avoir avec moi. Il travaille bien, il est efficace et drôle. Tous les clients l'aiment bien, évidemment, il est charmant avec tout le monde. J'avais énormément d'estime pour lui jusqu'à ce qu'il perde son vernis et que je vois ce dont il est capable.

J'ai envie de hurler de rage chaque fois qu'il prétend que ce qui est arrivé est ta faute. Andrew, il est parfaitement conscient de ce qu'il fait. Je t'avais dit qu'il tenterait de m'éloigner de vous et il s'y prend à merveille. Il me rend malade. Si un client est désagréable, il grince un "Je le frapperais" entre ses dents. Il reste constamment à côté du téléphone pour être certain d'être celui qui répond au cas où tu appelles. Le pire, c'est qu'il a sans doute toujours agit comme ça, mais maintenant que je connais sa vraie nature, que le vernis s'est écaillé, je vois véritablement comment il est.

Ça fait deux jours que j'arrive en retard au boulot pour être certain de ne pas être seul avec lui.
Je ne sais jamais comment il va réagir en ma présence. Et maintenant, il se sert de mon histoire.

Je t'avais confié des choses, Andrew, lors de cette nuit où tout semblait être fini. Je t'ai raconté l'alcoolisme de mon père ainsi que sa violence envers ma mère. Je t'ai raconté notre séjour dans une maison d'hébergement pour femmes battues. J'ignore pourquoi tu lui a raconté ça mais maintenant, il me fait passer pour un fou qui confond une engueulade avec sa propre histoire. Mais tu sais quoi ? Les hommes violents ne cessent de répéter "Je ne suis pas comme mon père !" ou "Je ne suis pas comme ça !". Jason m'a même dit "Toi, ton père a fait de toi une victime. Mon père à moi, il m'a appris à me battre !" Mais non, Andrew. Son père ne lui a pas appris à SE battre, il lui a appris à battre. Et c'est une nuance qui fait toute la différence, crois-moi.

Je sais que tu veux qu'à la fin, tout le monde soit ami avec tout le monde mais il n'y a jamais de ruptures heureuses dans ce genre de situation. Et cohabiter avec lui, l'écouter, le laisser t'influencer, faire l'amour avec lui ne fait que te rapprocher de lui davantage. Tu te crois en sécurité parce que tu n'es plus son copain théoriquement mais mis à part ça, quelle est la différence entre maintenant et avant ? Il te contrôle encore, Andrew.

Je suis à l'envers. Je ne sais pas si j'irai travailler demain ou si je dois me chercher un autre emploi. Je ne peux pas continuer comme ça. J'aimerais rester et le faire chier à fond mais j'ai trop peur. Ce qui me dérange le plus, c'est qu'il aura d'une façon ou d'une autre réussi à m'éloigner de vous. Jason réussit tout ce qu'il entreprend, tu le sais mieux que quiconque.

Je remue cette merde en moi... Je crois que je vais faire du ménage pour me changer les idées. Après tout, c'est ce qu'on fait quand on attend quelqu'un.

En t'attendant, en t'espérant,

Sylvain

PS: Ça ira un peu mieux demain...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire